
COCO CHANEL
Son modeste atelier de la rue Cambon, voisin de l’entrée arrière du Ritz, a vite décollé:
depuis le début des années 1930,
Gabrielle Chanel a élu domicile dans un appartement du palace qui restera, malgré les interruptions, le «chez elle» de sa vie.
En 1940, Chanel ferme sa maison de couture mais sa parfumerie prospère:
les Allemands se ruent sur son N° 5.
La légende du Ritz retient l’image irrésistible de Mademoiselle descendant à la cave durant les bombardements:
suivie de sa couturière, qui porte son masque à gaz sur un coussin de satin.
Il y a des souvenirs plus sombres:

"Antisémite confirmée, anticommuniste forcenée et agent des services de renseignements allemands": tel est le portrait inédit de Coco Chanel dressé dans un entretien par Hal Vaughan, auteur d'une biographie de la couturière qui vient de paraître.
En 1995, le magazine français L'Express, puis en 2008 l'allemand Der Spiegel, avaient levé un coin du voile sur le passé de la célèbre couturière en écrivant qu'elle avait collaboré avec les services secrets allemands en 1943, afin de tenter de négocier une paix séparée avec Winston Churchill. Dans "Sleeping with the enemy, Coco Chanel's secret war"
(Au lit avec l'ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel), le journaliste américain Hal Vaughan va beaucoup plus loin et révèle - à l'appui de nombreux documents d'archives - un contrat entre la styliste et l'Allemagne nazie, son nom de code ainsi que des ordres de mission.
L'auteur met également en avant l'antisémitisme de Coco Chanel.
Hal Vaughan, 84 ans, explique que son ouvrage est le fruit de trois ans et demi de recherches dans les archives américaines, françaises, allemandes, britanniques, italiennes et polonaises. Il a ainsi pu rassembler 225 références concernant Coco Chanel, née en 1883 et décédée en 1971. "J'ai ainsi découvert 12 citations de propos antisémites de Coco Chanel, également une anticommuniste forcenée, qui s'est vendue aux Allemands parce qu'elle croyait que Hitler allait écraser Staline", dit-il.
Le groupe Chanel, toujours détenu par la famille Wertheimer, a démenti fermement mardi que Coco - de son vrai nom Gabrielle - Chanel ait été antisémite. "Je ne l'ai moi-même jamais entendu tenir des propos antisémites, je ne l'aurais pas supporté", a également assuré Edmonde Charles-Roux, auteure d'une biographie sur Gabrielle Chanel en 1974.
Auteur de deux autres ouvrages sur la Seconde guerre mondiale, Hal Vaughan explique qu'il a découvert dans un document de la police française datant de 1946 que la créatrice était l'agent de F-7124 de l'Abwehr, service de renseignement militaire allemand, installé durant l'Occupation
à l'hôtel RITZ à Paris
"Je n'en croyais pas mes yeux quand je suis tombé sur ce document de 15 pages écrites à la main et titré 'Gabrielle Chanel, dite Coco'" qui cite le nom de code de la couturière "Westminster", du nom de son amant pendant six ans, le duc de Westminster.
"Coco Chanel a peut-être été manipulée par son amant allemand mais elle était une opportuniste", avance Hal Vaughan.
Selon son livre, il écrit que Coco Chanel, amoureuse d'un officier allemand, le baron Hans Gunther von Dincklage,

avait été recrutée en 1940, à 57 ans, comme agent secret du régime nazi. Hal Vaughan cite par ailleurs un document du MI6, service de renseignements britanniques, qui relate la confession d'un important agent allemand ayant fait défection en 1943 à Madrid.

AMOR PROIBIDO
Chanel e o amante alemão Hans Gunther von Dincklage:
encontros na Paris ocupada pelas tropas nazistas
Années 50 Suisse photo
Dans ce document de 103 pages, trois pages sont consacrées à Coco Chanel et à son amant von Dincklage, dit "Spatz", confirmant que Coco Chanel était bien une espionne pour le compte de l'Allemagne.

Dans des documents de mouvements de la Résistance, Hal Vaughan dit enfin avoir découvert que le nom de Coco Chanel figurait avec la mention "condamnée à mort", tout comme Jean Cocteau ou le chorégraphe Serge Lifar
Chanel s’est ouvertement affichée avec son amant nazi,
.
Etait-il un agent double comme elle l’a affirmé ensuite?
Rien ne le prouve.
PIRE

Kluge, qui vient d’être nommé commandant en chef sur le front de l'Ouest, est en visite sur la côte de la Manche en juillet 1944, à distance des zones où ont débarqué les Alliés.