
Sur près de 1 200 km, la ligne de démarcation traversait treize départements :
Ain, Jura, Saône-et-Loire, Allier, Cher, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Vienne, Charente, Dordogne, Gironde, Landes et Basses-Pyrénées7,8 (nommées Pyrénées-Atlantiques, depuis 1969).
Le Gouvernement français ne connut le tracé précis de la ligne que seulement à la fin de 1941 ; en effet, l'occupant en modifiait régulièrement le tracé à l'échelon local. !!!

PETIT RAPPEL ! FRANCE ? pays des DROITS de l'HOMME ??
Pancarte sur le poste de contrôle :
« „Avis aux Juifs“ il est défendu aux juifs de franchir la ligne de démarcation pour se rendre dans la zone occupée de la France […] !!



Le tracé de la ligne de demarcation
Dans le même wagon de Rethondes où Foch avait reçu au mois de novembre 1918 la capitulation allemande, Hitler avait, entre autres exigences, imposé le 22 juin 1940 à la France vaincue une frontière artificielle qui séparait notre territoire en deux zones dont l'une serait soumise à l'administration d'un gouverneur militaire choisi dans la Wehrmacht, l'autre dépendant, au moins théoriquement, de l'autorité du maréchal Pétain. !!
Partant du village d'Arnéguy, à la frontière franco-espagnole, la Demarkationslinie passait légèrement à l'est de Saint-Jean-Pied-de-Port,
puis par Orthez, Mont-de-Marsan et Langon avant de s'infléchir à l'est de Libourne, Angoulême et Poitiers; elle traversait le Cher à Bléré, près de Tours, et allait de Vierzon à Moulins en laissant Bourges et Nevers en zone occupée, franchissait ensuite la Loire, remontait vers le Jura, s'incurvait en-dessous de Dole et se prolongeait jusqu'à la frontière
suisse qu'elle rencontrait au-dessous de Gex.

De fait, la Ligne ne fut établie dans son tracé réel qu'après discussion sur place entre les autorités d'occupation et les préfectures françaises intéressées.
Donnant du poing sur la table quand il s'agissait de transformer en réalité concrète sa définition abstraite, l'Allemand avait presque toujours l'avantage, ne s'embarrassant pas d'arguties s'il s'agissait de faciliter la surveillance de ses patrouilles ou tout simplement de satisfaire son bon plaisir en même temps que ses aises :
c'est ainsi qu'à Montrichard, où le Cher constituait une frontière non discutable, l'occupant s'avisa qu'une petite plage existait sur la rive gauche en aval du pont, ce qui l'incita à faire passer de l'autre côté de la rivière son poste de contrôle, qu'il poussa en zone libre jusqu'à l'intersection des routes qui mènent à Loches et à Saint-Aignan, affirmant d'autre part ses droits par la pose de barbelés propres à décourager les Français que la baignade aurait tentés.
passage de la ligne de demarcation

De fait, la Ligne ne fut établie dans son tracé réel qu'après discussion sur place entre les autorités d'occupation et les préfectures françaises intéressées.
Donnant du poing sur la table quand il s'agissait de transformer en réalité concrète sa définition abstraite, l'Allemand avait presque toujours l'avantage, ne s'embarrassant pas d'arguties s'il s'agissait de faciliter la surveillance de ses patrouilles ou tout simplement de satisfaire son bon plaisir en même temps que ses aises :
c'est ainsi qu'à Montrichard, où le Cher constituait une frontière non discutable, l'occupant s'avisa qu'une petite plage existait sur la rive gauche en aval du pont, ce qui l'incita à faire passer de l'autre côté de la rivière son poste de contrôle, qu'il poussa en zone libre jusqu'à l'intersection des routes qui mènent à Loches et à Saint-Aignan, affirmant d'autre part ses droits par la pose de barbelés propres à décourager les Français que la baignade aurait tentés.




LIGNE de DEMARCATION - les VOLEURS et les BRAVES !
Bien entendu n'ont pas droit au beau titre de passeurs les misérables qui s'appliquèrent à tirer profit des angoisses du temps en monnayant très cher leurs services, se transformant souvent en escrocs ou en voleurs, et devenant parfois même assassins pour s'emparer d'une mallette qu'ils savaient contenir de l'argent ou des bijoux.
Ces gens-là demeurent indignes même s'il leur advenait de remplir l'office pour lequel ils se faisaient grassement payer.
Combien de passeurs, tout au contraire, glissaient un billet de banque dans la poche du prisonnier de guerre évadé d'un Stalag d'Allemagne pour lui permettre de prendre le train une fois qu'il aurait franchi clandestinement la Ligne !
Combien ( j'en ai connu pour ma part, auxquels je voue une infinie reconnaissance ) se dépouillaient des quelques provisions péniblement amassées pour faire honneur à leur hôte d'un soir dont la présence leur faisait pourtant courir un risque de mort !.

La LIGNE de DEMARCATION - Monsieur LAPOTERIE
MONT de MARSAN
Lorsque les bonnes gens de Mont-de-Marsan parlent
de Raoul Laporterie, ils ne manquent jamais d'ajouter qu'il reçoit un courrier de ministre.
Un courrier sans proportion aucune avec l'activité de son magasin de confection.
Un courrier d'un tel volume qu'il a dû mobiliser sa belle-mère, sa femme et sa fille, chargées d'ouvrir les lettres, de trier, parfois de répondre à sa place.
Lettres en provenance de Lille, de Paris, de Bordeaux, de Saintes, de Pantin, de Reims, de Marseille, de partout.
Que vend Laporterie pour que l'on glisse son nom de ville en ville, d'ami en ami, comme celui d'un guérisseur fameux ou d'un inépuisable fournisseur de denrées rationnées ? Il ne vend aucun remède miracle. Il « fait passer ». Lettres et gens.
« Monsieur, lui écrit Mlle Alsberghe, qui habite Tourcoing, j'ai eu cet après-midi votre adresse par une amie el j'ose croire que vous m'excuserez de prendre la liberté de vous demander un service qui n'est pas sans danger pour vous.
Si vous croyez pouvoir faire parvenir cette lettre, vous me rendriez très heureuse, car mon fiancé est sans nouvelles
depuis un mois... »
Des parents cherchent leurs enfants, des enfants leurs parents et des fournisseurs leurs clients.
Des grand-mères demandent des détails sur la naissance de leur petite-fille. Des femmes sur la blessure de leur mari : Monsieur, excusez-moi de vous solliciter encore une fois... »
« Monsieur, excusez-moi si je prends la liberté de vous écrire; c'est parce que je n'ai plus de nouvelles de ma femme et de mes enfants...
Raoul Laporterie fait un paquet des trois ou quatre cents lettres que le facteur vient de lui apporter. Il les glisse sous les coussins de sa Juvaquatre et s'éloigne en direction de la ligne de démarcation. La voiture 2 134 HU 2 est familière aux Autrichiens du poste. Laporterie est un bon vivant, bavard et aimable. Un soir, ne leur a-t-il pas donné des huîtres ?
Ce jour-là, Raoul Laporterie avait glissé sous son siège le drapeau du 52e bataillon de mitrailleurs indochinois - oublié - à Arcachon, dans les combles de l'hôtel de France occupé par un état-major allemand.
la ligne de demarcation
Il passe régulièrement deux fois par jour. Parfois quatre. Jamais seul. Mais toujours avec des papiers corrects. Ses compagnons présentent, eux aussi, d'insoupçonnables ausweis. Ce sont, en apparence, d'honorables frontaliers, des habitants de Bascons, cultivateurs, retraités, petits propriétaires, qui profitent de l'auto du maire.
Le poste de contrôle est situé à la sortie de Mont-de-Marsan, sur la route d'Aire-sur-l'Adour, dans un creux de terrain.
Laporterie coupe le moteur et prépare son Ausweis (Laissez-passer pour la traversée des petites frontières).
Surtout, ayez l'air naturel, souffle-t-il à ses passagers.
Il a avec lui une jeune femme qui rejoint son fiancé, un prisonnier évadé qui veut gagner la zone libre d'où il partira peut-être pour l'Espagne, une femme et son mari, qui, avec leur bébé, vont passer quelques vacances près d'une parente épicière...
Les soldats allemands font descendre tout le monde, vérifient machinalement ausweis et cartes d'identité. Ils adressent un petit sourire à ce bon M. Laporterie qu'ils reverront tout à l'heure. C'est fini. La Juvaquatre prend son élan pour grimper la côte. Les passagers de la voiture s'ébrouent joyeusement.
Eh bien, dit l'évadé, votre truc a marché comme sur des roulettes.
Bah ! j'ai l'habitude, fait Laporterie. Et puis, les ausweis sont bons.
C'est vrai, ça.
Et les cartes d'identité sont bonnes aussi.
L'évadé éclate de rire.
Oui, mais elles ne sont pas vieilles. Laporterie les a terminées quelques heures plus tôt. Et, dans son magasin de Mont-de-Marsan, il a obligé tous ses passagers à se dépouiller de leurs papiers d'identité.
Je vous les renverrai après-demain.
Avez-vous apporté une photo ?
Il dévisage ses hôtes, se penche sur un jeu de cartes d'identité.
Voyons, 30 ans, 1 m 70, cheveux châtains, ça devrait faire l'affaire, vous vous appellerez... n'oubliez pas...
A chacun, il donne un nom. Le nom d'un mort.
Maire de Bascons, petite commune de zone libre, située à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan, Laporterie a obtenu un laissez-passer pour se rendre quotidiennement à son magasin de Mont-de‑Marsan, en zone occupée.
Cette facilité lui permet de faire passer les lettres d'une zone à l'autre. Ce n'est pas assez. Il a imaginé de ressusciter une vingtaine de ses administrés pour lesquels les Allemands lui ont, sans y voir de malice, délivré des ausweis, et pour lesquels il a établi des cartes d'identité presque complètes. Seule la photo manque encore.
Qu'un volontaire pour le passage se présente, Laporterie tient à sa disposition ausweis et carte d'identité véritables. Il suffit de coller une photo pour que tout soit en ordre. Une photo, c'est la seule chose qu'il réclame instamment de ses correspondants.
Pas d'argent. Il n'acceptera jamais d'argent.
Juifs, prisonniers évadés, amoureux, commerçants, fonctionnaires se communiquent l'adresse de Mont-de-Marsan.
Il en est à son deux millième passager et ne compte plus les lettres postées, les mandats et les colis envoyés, lorsque la Gestapo s'inquiète de sa débordante activité.
A partir de l'automne 1941 Laporterie répond, avec une mélancolie de demi-solde, aux lettres qui arrivent toujours :
« Les circonstances actuelles m'interdisent formellement de vous rendre le service que vous me demandez, mais je reste cependant à votre disposition pour vous fournir tous les renseignements utiles.
L'affaire dont vous me parlez peut se faire par l'intermédiaire d'un ami... »

LIGNE de DEMARCATION - Monsieur LAPOTERIE
Lorsque les bonnes gens de Mont-de-Marsan parlent de Raoul Laporterie, ils ne manquent jamais d'ajouter qu'il reçoit un courrier de ministre. Un courrier sans proportion aucune avec l'activité de son magasin de confection.
Un courrier d'un tel volume qu'il a dû mobiliser sa belle-mère, sa femme et sa fille, chargées d'ouvrir les lettres, de trier, parfois de répondre à sa place.
Lettres en provenance de Lille, de Paris, de Bordeaux, de Saintes, de Pantin, de Reims, de Marseille, de partout. Que vend Laporterie pour que l'on glisse son nom de ville en ville, d'ami en ami, comme celui d'un guérisseur fameux ou d'un inépuisable fournisseur de denrées rationnées ? Il ne vend aucun remède miracle.
Il « fait passer ». Lettres et gens.
« Monsieur, lui écrit Mlle Alsberghe, qui habite Tourcoing, j'ai eu cet après-midi votre adresse par une amie el j'ose croire que vous m'excuserez de prendre la liberté de vous demander un service qui n'est pas sans danger pour vous.
Si vous croyez pouvoir faire parvenir cette lettre, vous me rendriez très heureuse, car mon fiancé est sans nouvelles
depuis un mois... »
Des parents cherchent leurs enfants, des enfants leurs parents et des fournisseurs leurs clients.
Des grand-mères demandent des détails sur la naissance de leur petite-fille. Des femmes sur la blessure de leur mari : Monsieur, excusez-moi de vous solliciter encore une fois... »
« Monsieur, excusez-moi si je prends la liberté de vous écrire; c'est parce que je n'ai plus de nouvelles de ma femme et de mes enfants...
Raoul Laporterie fait un paquet des trois ou quatre cents lettres que le facteur vient de lui apporter. Il les glisse sous les coussins de sa Juvaquatre et s'éloigne en direction de la ligne de démarcation.
La voiture 2 134 HU 2 est familière aux Autrichiens du poste. Laporterie est un bon vivant, bavard et aimable. Un soir, ne leur a-t-il pas donné des huîtres ?
Ce jour-là, Raoul Laporterie avait glissé sous son siège le drapeau du 52e bataillon de mitrailleurs indochinois - oublié - à Arcachon, dans les combles de l'hôtel de France occupé par un état-major allemand. !!


https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_d%C3%A9marcation